RÉACTIONS sur la fermeture des magasins en centre-ville de Saint-Jean de Monts.

par Le Groupe U.D.C.I Montois  -  1 Septembre 2017, 11:23  -  #NEWS SAINT JEAN DE MONTS, #NEWS NATIONALE

Désertification Centre Ville O-F

Désertification Centre Ville O-F

Les élus de l’UDCI Montois souhaitaient réagir à l’article de presse sur la fermeture des magasins en centre-ville de Saint-Jean de Monts. (Articles CV du 24 août 2017 et de O-F du 22 août 2017)).

#courriervendéen 7 septembre 2017

#courriervendéen 7 septembre 2017

Pas de redynamisation de notre centre-ville sans courage politique !

La crise de notre centre-ville nécessite une prise de conscience ! C’est indéniable. Il faudrait être aveugle pour ne pas la voir. 

La grande distribution a aussi sa part de responsabilité.

La chute est brutale et traduit une tendance de fond : depuis des années, on assiste à la paupérisation et à la désertification de notre centre de ville, et parallèlement à un développement exponentiel de certaines zones commerciales périphériques ou en entrée de ville…  On crée des villes à la place des villes existantes. « Dans une galerie marchande on n’y trouve pas ce mélange des genres, propre à un centre bourg, les bâtiments anciens, l’histoire, la culture ; dans une galerie marchande on pourrait être absolument n’importe où, c’est à la fin d'un certain art de vivre, d'un pan de notre culture ».

A tel point que lorsqu’il y a une forte influence, nous laissons des accès routiers déjà dangereux être utilisés à contre-sens et cela au détriment de la sécurité routière.

La redynamisation commerciale du centre-ville est devenue un enjeu de taille pour les Montois, pour nous élus locaux et pour les acteurs économiques.

Pour nous,  élus de l’UDCI, le développement excessif des zones commerciales en périphérie n'est pas la cause mais plutôt la conséquence d'un long processus de dévitalisation de notre centre-ville, dont les origines sont multiples : des problèmes dans l’accessibilité du consommateur au centre-ville, que ce soit l’offre de stationnement voire la suppression pure et simple de parkings ... quand celui-ci est gratuit et en nombre dans la grande distribution, la diversification des types de produits sans entrer en concurrence. Sans parler de l’excessive montée en puissance des procès-verbaux (une taxe de plus), et ne parlons pas des choses qui fâchent avec un niveau de fiscalité très élevé.

(Ex : pour une case commerciale de 150 m² pour 2 200 € de loyer et une taxe foncière de 4 600 €.)

Nous avons rencontré certains propriétaires, qui nous ont bien expliqué que le loyer n’était pas la cause principale. Un loyer peut se négocier, mais le problème est que les propriétaires ne peuvent même pas le faire car il n’y a pas de demande, trop de taxes.  Cet été, gros problème de stationnement, avec, cerise sur le gâteau, le fleurissement de PV digne de la fleur d’or, rendant un centre-ville, à plus de 6M€, inaccessible. Or, l'accessibilité est la clé de voûte du commerce. Espérons que la municipalité n’aura pas l’idée de prendre une taxe sur les friches commerciales.

Il faudrait aussi développer le tourisme local et les services de proximité. On croit toujours que le touriste est un étranger mais il est en réalité en chacun d’entre nous. Se déplacer dans notre commune qu’on connaît mal ou changer de trajet quotidien fait de nous des touristes. Il y a une réflexion à mener sur cette notion de tourisme local et sur la manière de le développer.  Il faut regarder, écouter et sentir notre commune, les statistiques sont là pour montrer l’étendue du problème.  

Où sont les différentes actions : braderie, brocante, manifestation, nous avons un centre-ville à Noël… à faire fuir les morts. La ville ne pourrait-elle pas prendre en charge l’animation, proposer des chalets en bois aux commerçants pour un tarif modique, mettre en place une patinoire, de la musique, rendre simplement joyeux et attractif notre centre-ville, été comme hiver.

Voilà peut-être pourquoi les consommateurs sont partis en périphérie (grande distribution), et certaines enseignes les ont suivis. Néanmoins, si la périphérie n'est pas une cause du déclin de notre centre-ville, nous avons parfaitement raison de les opposer : le développement de l'un ne peut que se faire au détriment de l'autre. Or,  aujourd'hui, la tentation est très forte pour nombre d'élus locaux d'implanter des zones commerciales en périphérie de leur ville plus facile à gérer et moins de soucis administratifs.

#SaintJeandeMonts Centre-Ville O-F #UDCI

#SaintJeandeMonts Centre-Ville O-F #UDCI

(En France, 62% du chiffre d’affaires du commerce se réalise en périphérie, contre seulement 33% en Allemagne).

« 9 Français sur 10 ont le sentiment que la modernisation du centre-ville est et devrait constituer un objectif important pour un maire. »

Est-il important pour celui de Saint-Jean de Monts ? Qui n’a pas hésité à laisser transférer sa pharmacie dans une galerie marchande et laisser une friche commerciale de plus dans le centre-ville.

Avant de s'implanter, toutes les grandes enseignes recourent à des cabinets d'études afin d'analyser la situation commerciale d'un territoire. Une démarche, que nous élus locaux devraient imiter. Beaucoup s'apercevraient que leur centre, qu'ils considèrent en bonne santé, est déjà entré dans une spirale de paupérisation. Et lorsque les panneaux « à louer » commencent à se multiplier en centre-ville, il est souvent trop tard.

On ne s'invente pas expert de l'aménagement commercial du jour au lendemain. Il faut donc que nous, élus, apprenions à nous entourer d'experts extérieurs pour établir un diagnostic de notre centre-ville, mais aussi pour nous accompagner dans notre plan de revitalisation commerciale, élaborer un véritable plan de circulation (autos et vélos) et de stationnement ou encore pour faciliter la gestion des relations avec les commerçants, pourquoi cela n’a pas été prévu dans les 6M€ ?

En plus du courage, cela demande beaucoup d'humilité, et la mise en place d'une vision globale (centre-ville et périphérie) de l'aménagement commercial, sans vouloir faire plaisir aux petits copains.

Il est nécessaire, selon nous, de « travailler ensemble, à tous les niveaux, à tous les échelons, quelles que soient [les] affinités politiques, pour définir des objectifs collectifs ». Il faut donner envie aux estivants, aux Montois de venir en ville, de s'y balader.

La redynamisation de notre centre-ville nécessite aujourd'hui une ferme résolution politique. Cela suppose de repenser le stationnement et la circulation, d'amorcer une politique de préemption des locaux commerciaux, d'implanter des locomotives commerciales en centre-ville, de mettre en place un dialogue avec les opérateurs privés, les investisseurs, les commerçants... Autant de mesures nécessaires et urgentes.