Les résistants "unis par l'amour de leur patrie"

par Le Groupe U.D.C.I Montois  -  27 Mai 2015, 19:27  -  #NEWS NATIONALE

"unis par l'amour de leur patrie"

"Quatre histoires qui donnent chair et visage à la République, en en rappelant les valeurs"

L’état a rendu mercredi un hommage solennel mais aussi très actuel et politique à Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay pour leur entrée au Panthéon.

 

Portés par des gardes républicains depuis la Sorbonne voisine, les cercueils ont été escortés sous un beau soleil de printemps par un cortège de 144 proches, résistants, responsables associatifs, lycéens ou étudiants très émus. Pour l'occasion, des portraits géants des quatre "panthéonisés" signés par l'artiste Ernest Pignon-Ernest avaient été tendus entre les colonnes de ce temple républicain.

 

Un discours du Président Hollande parsemé d'allusions 

Rappelant l'audace réformatrice de Jean Zay, " ministre de l'Éducation du Front populaire, avec l'unification des programmes [...], les classes d'orientation, les activités dirigées [ou] les enseignements interdisciplinaires ", il s'est exclamé : "on dirait un programme d'aujourd'hui", dans une allusion transparente à la réforme contestée du collège.

 

Considéré par beaucoup comme étant déjà entré en campagne pour 2017,

Le Panthéon, dont le fronton proclame la devise "Aux grands Hommes, la patrie reconnaissante", n'accueillait jusqu'ici que 2 femmes sur 71 personnalités, la physicienne Marie Curie, Prix Nobel de physique puis de chimie, et Sophie Berthelot, qui n'y repose toutefois qu'en sa qualité d'épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

 

Cinquante ans plus tôt, le 19 décembre 1964, un autre grand résistant faisait son entrée au Panthéon, Jean Moulin, accueilli par le discours historique d'André Malraux ("Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège...") dans une atmosphère beaucoup plus tragique et sombre. À l'exception de Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing, tous les prédécesseurs de François Hollande sous la Ve République ont usé de cette prérogative présidentielle : choisir et accompagner de grandes figures républicaines sous l'immense Coupole, au coeur du Quartier Latin.

 

" J’étais une sorte de De Gaulle miniature "

 

Le 20 juillet 1943, Geneviève est arrêtée dans une librairie, en plein Paris. " Je m’étais toujours dit que, si je devais un jour être reconnue coupable, je préférais que ce soit sous mon identité véritable, dira-t-elle. Je trouvais que c’était bien qu’il y ait des gens de la famille de Gaulle qui soient arrêtés, que cela se sache. " 

 

Les miliciens sont un peu gênés, devant cette jeune fille qui porte le nom du chef de la France libre, mais après six mois à la prison de Fresnes, elle est transférée à Compiègne, l’antichambre de la déportation. Le 30 janvier 1944, lorsqu’on appelle son nom pour la faire monter dans le train qui part pour le camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne, c’est un concert d’acclamations de ses codétenues : " Pour mes camarades déportées, j’étais une sorte de De Gaulle miniature. " Après trois jours d’atroce voyage, Geneviève devient le numéro matricule 27372.

 

Elle manque cent fois mourir, au milieu " des femmes massacrées à la pioche, mordues par les chiens, jetées au milieu des folles dans les immondices ", racontera-t-elle dans La Traversée de la nuit (Le Seuil, 1998). Elle apprend à l’été 1944 par une déportée tchèque que, le 26 août,

 

" le grand Charles " a descendu les Champs-Elysées à Paris. Quelques mois plus tard, les SS, qui ont saisi son lien avec de Gaulle, la transfèrent à l’isolement. Himmler, qui caresse l’espoir d’une négociation avec les Alliés, voit en elle une monnaie d’échange. Elle ne sera libérée qu’en avril 1945, très affaiblie. Son oncle lui écrit aussitôt : 

" Je suis extrêmement fier que tu sois ma chère nièce. Remets-toi, maintenant. La France a besoin de filles comme toi. "